Histoires vécues

Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 16:08

 

Ce jour là j’étais fatiguée. Mauvaise nuit, journée de travail décourageante, un rendez-vous le soir où je ne savais pas comment me positionner…. Tout allait mal…Alors le cercle de silence ne tombait pas bien… j’avais envie d’y aller parce que  la cause me plaisait, et puis, je m’étais engagée…


J’y suis donc allée.  Tout d’abord la mise en place, le plaisir simple de retrouver des personnes, toutes différentes et avec lesquelles je partage l’idée que la dignité de l’homme ne peut être bradée.

Puis le cercle, cette position par laquelle nous sommes unis, nous nous côtoyons, nous nous regardons.

Enfin, le silence, le calme de l’absence de mouvement. Petit à petit le calme se fait à l’intérieur.  Mais quel bienfait procure ce calme ! Un moment sans marcher, sans agir, sans parler, sans écouter… un moment qui se suffit à lui-même…


Et tout à coup des cris, des hurlements, des vociférations….quelques gamins déguisés en méchants, suivent sans penser un meneur plus âgé, leur cris déchirent le silence. La consigne : les ignorer. Ils sont juste derrière moi, leur slogans sont au ras de la terre et mon dos leur est tourné…mais sur ce dos, pas de mépris, un poème. Et oui, moi qui suis juste devant eux j’ai la chance de porter sur une pancarte un poème, et grâce à lui, je me sens bien..

Leurs slogans trop égoïstes ne tiennent pas longtemps face à ce silence, cette cohésion, cette dignité. Comment réagit la fausse indignation face au silence ? Quelques courts moments plus tard, après d’ultimes provocations sans d’autre effet que de nous conforter dans notre position, ils partent, dépités.


Retour au silence, un silence conforté, réveillé, encouragé. Un silence qui fait sens.

Du repos, du calme, la pensée chemine et c’est comme si elle ralentissait le mouvement.

Et puis cette petite fille, étonnée, qui jouait là sur le parvis. «Tiens Isolde, que fais-tu ? » Je lui explique : témoigner. « En fait tu ne fais rien ? Que fait-on quand on ne fait rien ? » «  Essaie donc ! » … tentative vite avortée, c’est long le silence…

Oui c’est vrai, c’est long. Une heure c’est long. Et pourtant finalement cela passe vite, enfin, certains moments, d’autres non… Et puis finalement c’est le fait que ce soit long qui permet de véritablement s’y confronter, au silence, de s’y abandonner.


L’heure est passée, je me sens bien. J’ai goûté à la paix intérieure. Quand dispose-t-on d’une heure de silence, une heure où l’on ne fasse rien ? Quelle découverte ! Finalement ce rendez-vous, ce soir, j’ai assez envie d’y aller.


                                                                                         Isolde

Par Cercle de silence de Saint Maur - Publié dans : Histoires vécues - Communauté : Val de Marne
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 20:56

Le petit journal de la grande actualité du droit, Gilles Devers (1/11/2007)

« Basile Moumegni Dessom, camerounais, est arrivé en France en octobre 2002, âgé de 38 ans. Très vite, il a trouvé du travail, comme employé dans une société de sécurité et de gardiennage. En 2003, il a rencontré Madeleine, et tous deux sont devenus amoureux. Ils se sont installés à Champigny-sur-Marne, et en février 2004, se sont mariés. Après de nombreuses missions d'intérim, Basile a obtenu un CDI en avril 2007.

« Le bonheur des jeunes mariés a vite été assombri. Sept mois après leur union, Madeleine a appris qu'elle avait un cancer. Basile se rappelle : « Elle était très forte. Elle ne voulait pas nous mêler à ses douleurs, sa fille aînée et moi. » Le mercredi, c'est le jour des séances de chimiothérapie. Madeleine a vite été trop affaiblie pour y aller seule, et Basile obtint de son employeur des autorisations d'absences. L'employeur confirme, et le cancérologue tout autant : « Basile était présent les mercredis depuis 2004. »

« A la maison, la vie n'était pas simple, mais Basile faisait tout ce qu'il pouvait pour apporter confort et réconfort. La propriétaire de l'appartement, qui est aussi une voisine, se souvient : « Il a été dévoué jusqu'au bout. Quand elle était très très affaiblie, il la changeait jusqu'à trois fois par jour, s'occupant du linge... Nous connaissions sa femme, Madeleine, depuis près de trois ans quand elle nous a annoncé son remariage avec Basile. Elle a été transformée ! Il était extrêmement gentil avec elle... »

« La maladie a été la plus forte : le 22 août 2007, Madeleine a succombé au cancer.

« Huit jours plus tard, Basile devait se rendre à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne pour demander le renouvellement de son titre de séjour "vie privée et familiale". Un titre qu'il détenait du fait de son mariage avec une Française, mais dont il devait logiquement demander le renouvellement deux mois avant son expiration.

« Le 7 septembre, c'est avec un courrier de la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne, la terrible déconvenue. Parce qu'il est veuf et « ne peut démontrer que la communauté de vie entre son épouse et lui-même demeure », son renouvellement de titre de séjour « vie privée et familiale » ne sera pas possible. La lettre précise qu'il a « obligation à quitter le territoire dans un délai d'un mois ».

« Ecoutons Basile « C'est une double peine, dit-il, ému. C'est toujours comme si elle était là ; je suis dans la même maison, avec tous les souvenirs qui m'entourent... Ce qui me choque aujourd'hui, c'est que l'on remet en cause ce mariage. Heureusement que j'ai mon travail auquel je peux m'accrocher ».

« Son avocate a saisi le tribunal administratif de Melun. »

Par Claude Karr - Publié dans : Histoires vécues
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Catégories

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés